21

CLIENT
Mairie de Paris
TEAM
Novaxia - Quartus
OMA Rem Koolhaas – Muoto – SuperTropic
Quattrolibri – Wt2i
Affine – Sogaris
Alto – Bellastock – BMF – Doyere – Ducks sceno – Groupe SOS – Michel Desvigne Paysagiste – Place to B – Setec – Polau
PROGRAMME 
Cité internationale du Climat - Manufacture des Transitions - Superflux ... explications ci-dessous
LOCATION 
Porte de Montreuil, Paris
SURFACE AREA 
60 000 m² SDP
BUDGET 
nc
DELIVERY
C40 Reinventing Cities Competition
Le programme de « 21 » est une mécanique en mouvement composée de bureaux pour les entreprises locales, d’un pôle de logistique urbaine, d’espaces de coliving, d’une gare des mobilités douces, de commerces pour animer le quartier et rendre service aux riverains. 

Les ressorts principaux de cette mécanique sont :
L’ économie circulaire : 
Les bâtiments privilégient l’architecture de ré-emploi et les matériaux bio-sourcés ; à l’intérieur, des ressourceries et ateliers d’upcycling complètent l’offre des Puces. A terme, l’offre s’étend à la formation des gestionnaires de ressourceries.
La Mobilité : 
Un pôle logistique du dernier kilomètre, une gare urbaine dédiée aux mobilités douces et au co-voiturage, des ateliers de transformation de véhicules thermiques en véhicules électriques. A terme, un centre de recherche-action sera dédié à l’amélioration de la qualité de l’air en milieu urbain.
L’emploi : 
Un plateau de formation et de production, ouvert sur le quartier, qui fonctionne comme une « Bourse du travail » nouvelle génération pour se préparer aux métiers de demain. A terme, un centre de formation dédié aux métiers de la transition.
La mobilisation citoyenne : 
Une agora, des dispositifs forains, de concertation et d’éducation populaire et une programmation événementielle liée aux productions des résidents de la Manufacture des Transitions.
Une architecture et un aménagement urbain innovants

La Porte de Montreuil en mouvement
Le projet dessine une nouvelle Porte construite, créant le lien entre Montreuil et Paris, visible depuis le boulevard périphérique. Cette nouvelle infrastructure urbaine s’insère dans le dernier espace disponible de l’ancienne zone non aedificandi des fortifications. Elle est le prolongement des infrastructures existantes, comme le boulevard périphérique et la nouvelle Place de la Porte de Montreuil, et s’adapte à leur requalification en cours. Le projet est conçu comme support évolutif des trois familles d’usages de « 21 ». Cette plateforme est pensée avec des hauteurs libres et une structure permettant une réversibilité sur la durée. 
Au rez-de-chaussée, le programme Superflux se déploiera en lien direct avec les espaces publics, à la fois nouveau lieu pour les Puces, et nouvelle gare de la Porte de Montreuil pour les personnes et les marchandises. 
Au premier étage, la Manufacture occupera des grands plateaux flexibles permettant les échanges, la création et la communication des co-workeurs. 
Enfin, sur le toit- terrasse, les Pavillons accueilleront les espaces « vitrine » de la Cité du Climat pour les expositions, les congrès, et hébergeront des résidents de passage. 
« 21 » définit ainsi une infrastructure de l’ère de la transition, où les usages et les programmes pourront évoluer en fonction des transformations urbaines et des mutations sociétales.

Construire en mode réversible 
La programmation itérative appelle à construire en mode sobre et réversible, en anticipation de la mutation profonde attendue à plus long terme. 
Le système « hardware » s’organise autour d’un ensemble de plateformes connectées par des rampes pour faciliter les changements d’usage dans le temps (à l’échelle du jour, de la semaine, de l’année, du programme). Sa structure performante se caractérise par l’emploi d’un minimum de matière et de moyens, pour un maximum de flexibilité adaptée aux besoins et aux usages évolutifs d’aujourd’hui. Les pavillons, conçus comme un support d’accueil des programmes, se caractérisent par leur effectivité logistique immédiate et les possibilités d’extension qu’ils offrent aux activités qui s’y installent. Les rampes, conçues comme une extension de l’espace public existant, relient d’une manière douce et continue les différents niveaux de la manufacture. Orchestrant les flux et les marchandises, elles définissent un praticable scénique réversible, suscitant une appropriation par des usages alternatifs. 
Le système « software » vient l’habiter par des usages réversibles au quotidien. La transformation de la surface, grâce à un marquage au sol spécifique et à la mise en place d’une infrastructure mobile et légère, en fait un espace propice à la circulation des biens et des personnes, en adéquation avec les contraintes logistiques du marché aux Puces. Semi ouvert et couvert, l’espace des rampes protège des intempéries tout en profitant à la visibilité du marché depuis la place et le périphérique. L’espace délimité par ce dispositif spatial permet également de contrôler son expansion, tout en offrant des possibilités d’extension.
Organisé par le C40, le concours d'architecture de la Porte de Montreuil est conçu comme un prototype de l'architecture écologique de demain. Il est le laboratoire grandeur nature qui explore des solutions innovantes pour le devenir de l'architecture métropolitaine. Voici nos réponses aux 10 défis du futur du bâtiment :

Défi 1 : Efficacité énergétique des bâtiments et approvisionnement en énergie
La réduction de la consommation d’énergie des bâtiments démarre dès l’éco-conception du programme dans une logique E+C-. Les formes urbaines proposées redonnent une efficacité bioclimatique au site en découvrant des façades orientées au sud et la possibilité de capter l’ensoleillement à l’est et à l’ouest. Les activités de « 21 » et du quartier génèrent au quotidien des déchets organiques qui seront valorisés via une solution de micro-méthanisation en conteneurs. Nous favorisons l’auto-alimentation du site, notamment en permettant l’alimentation de la plate-forme de mobilité durable par électricité et gaz d’origine renouvelable. Nous insérons « 21 » dans un écosystème énergétique en le reliant au réseau CPCU (environ 300m du site) et en considérant la chaleur fatale de Carrefour comme une ressource.

Défi 2 : Gestion des matériaux durables et économie circulaire
Nous réduisons l’énergie grise grâce à un juste emploi des matériaux, sachant faire place au low-tech et privilégiant le gisement de matériaux de construction en bois, biosourcés ou issus du réemploi pour les aménagements intérieurs de la Manufacture. Le chantier de la porte de Montreuil, participe à créer une synergie au niveau du site, de ses abords et de son territoire, en mettant en résonance les ressources matérielles (matériaux inertes, biosourcés, géosourcés), humaines (artisans, déconstructeurs, entreprises ESS, maîtrises d’oeuvre, maîtrises d’ouvrage, etc.) et immatérielles (plateformes d’échanges). L’association de l’entreprise de démolition Doyère et de Bellastock permet à notre équipe de poursuivre les avancées du programme REPAR2, de puiser dans l’existant, structurer et faire monter en puissance la filière de réemploi, en tissant des réseaux d’acteurs du réemploi, depuis la préfiguration du projet à ses étapes de vie. La dimension internationale de « 21 » ouvre la perspective d’associer le projet à de nouveaux programmes de recherche/action tel que INTERREG.

Défi 3 : Mobilité durable
L’espace de logistique urbaine proposé par Sogaris décarbone une partie des flux logistiques et réduit les nuisances sonores en optimisant la distribution finale par l’utilisation de véhicules légers et propres, de triporteurs électriques et vélos. Cet espace répond aux besoins des commerces de proximité, pôles commerciaux environnants, activités PME/ PMI (B2B) et de messagerie, e-commerce, etc. (B2C). Il optimisera l’occupation de la voirie publique grâce au stockage tampon pour les commerces de proximité, au développement de technologies de gestion et au partage de flottes de véhicules.
La gare urbaine du futur (la « BlablaGare ») complète l’offre de covoiturage de BlaBlaCar avec une offre de services de petite restauration, cafétéria, inclut des services de location de vélos, triporteurs, ateliers de réparation de cycles, ainsi que les démonstrations des innovations développées par les équipes en résidence à la Cité Internationale du Climat. Des partenariats avec petits et plus grands acteurs locaux permettront de tester de nouveaux sports de glisse urbains et de croiser loisir, pratique sportive et mobilité.

Défi 4 : Résilience et adaptation
La nuisance acoustique provoquée par le périphérique constitue l’opportunité de développer des façades à double-peau, créant des espaces tampons favorables au bioclimatisme des bâtiments et à la filtration de l’air. La double-peau avec protections mobiles accueillant un jardin d’hiver est un atout en matière de gestion des apports solaires et des surchauffes. Cette façade permettra, en plus de l’isolement vis-à-vis des nuisances, d’optimiser les apports solaires hivernaux par la création d’un micro effet de serre, et de créer des espaces de fraîcheur en été grâce à l’évapotranspiration. Des occultations extérieures et une ventilation verticale, créant des espaces « in-extérieurs » protégés du bruit, participent au rafraîchissement des locaux et permettent de filtrer l’air. En outre, ces façades pourront être couvertes de films solaires photovoltaïques de type ASCA, qui permettront, outre leur production énergétique, de modifier la vue sur le périphérique grâce à leur semi-transparence. Ces solutions aérauliques et bioclimatiques sont évolutives et pourront progressivement se tourner vers le périphérique au gré de sa mue en boulevard urbain et de la décarbonation des véhicules.

Défi 5 : Nouveaux services "verts" pour le site et le quartier
Une canopée au-dessus du périphérique pourrait être envisagée grâce à des arbres à grand port et des plantes grimpantes se développant au-dessus de l’axe routier le long de câbles. Ce tunnel végétal permettrait de diminuer fortement le rayonnement solaire sur le revêtement de l’axe routier (réduisant l’effet d’îlot de chaleur urbain), de cacher la source de bruit pour les usagers (et donc la sensation de bruit), mais aussi de filtrer une partie des polluants émis par les véhicules.
La conception urbaine bioclimatique s’appuie notamment sur la circulation des vents pour permettre le confort thermique des espaces extérieurs et des bâtiments, et une dispersion optimale des polluants atmosphériques. Dans le cadre de l’amélioration de la qualité de l’air, les alignements d’arbres se montrent efficaces pour le piégeage des polluants, à condition de choisir les essences adaptées. Les conifères sont par exemple des espèces efficaces pour capter les particules fines, tandis que les arbres à feuilles caduques possèdent une plus forte capacité d’assimilation du NO2. D’autre part, en redonnant de la place à la pleine terre et une qualité aux sols désimperméabilisés, le site augmente sa résilience face aux épisodes de canicule ou d’inondations et le confort thermique des espaces extérieurs via la recréation d’îlots de fraîcheur.

Défi 6 : Croissance verte et villes intelligentes
Mutations technologiques (digitalisation, greentech et fintech), défi écologique (changement climatique et développement durable), nouvelles urbanités (smart cities, smart citizens), nouvelles économies (économie symbiotique, silver economy), nouvelle gouvernance (empowerment, démocratie ouverte), les métropoles de demain sont des city lab. Elles testent, en grandeur nature, des solutions innovantes. « 21 » réunit des entrepreneurs, investisseurs, philanthropes, chercheurs, artisans et citoyens qui, ensemble, co-produisent ces solutions en vue de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. L’intelligence est partout : dans la réversibilité du site, dans ses réseaux territoriaux, physiques, numériques et humains, dans sa capacité à créer des opportunités économiques « bankables »… Sa plus grande intelligence est de remettre l’Humain au cœur du projet.

Défi 7 : Gestion durable de l'eau
L’objectif du Zéro Rejet exploite les espaces perméables libérés au sol pour l’infiltration directe des eaux pluviales. L’alternance temporelle des consommations due à la diversité du programme maximise la récupération et la réutilisation directe des eaux pluviales. Un réseau d’eau non potable sera structuré autour de blocs sanitaires mutualisés, dont les eaux grises pourront être recyclées. Les toilettes sèches avec récupération des urines permettront la valorisation de la ressource azotée comme fertilisant pour la forêt linéaire, dont les essences végétales sont choisies pour leur faible besoin en eau. Enfin, le réseau d’eau non potable de la Ville de Paris sera exploité pour les besoins en eau des espaces extérieurs et la possibilité de rafraîchissement pour les usagers, notamment via l’installation d’un dispositif mobile sur les bornes incendies (« capuchon de pulvérisation » mis en place à Aubervilliers en 2016).

Défi 8 : Biodiversité, végétalisation urbaine et agriculture
Le paysage du Périphérique se caractérise par ses espaces interstitiels : talus, friches et délaissés. Nous proposons de planter ces espaces de façon systématique et pragmatique. La forêt linéaire amplifie la présence du végétal afin d’affirmer un caractère forestier fort. Ce territoire composé d’une multitude de fragments initie un processus de plantation par principe d’accumulation qui redonne par sa présence physique une échelle légitime au paysage dans un environnement architectural si singulièrement puissant. Nous prévoyons de planter des espèces à croissance rapide sur le site, dès l’obtention du concours : les fibres de ces plantations nous fourniront un gisement de matière locale pour des panneaux d’isolation thermique et phonique. Nous mènerons en outre des recherches sur la fixation long terme des polluants atmosphériques par la biomasse. Nous imaginons qu’une structure végétale plus vaste pourrait émerger afin de former une continuité du végétal accompagnant la puissante minéralité du périphérique et de ses constructions. Nous ne recommandons cependant pas d’agriculture urbaine sur ce site avant d’avoir atteint des paliers significatifs de dépollution de la flotte de véhicules.

Défi 9 : Ville inclusive et impact local 
Le processus d’activation du site repose sur trois étapes : s’ancrer, partager, rayonner.
L’ancrage 
Partir des puces pour créer un hub économique attractif. Notre première étape consiste à partir du « déjà là » pour créer une dynamique résiliente, gage d’un ancrage réussi. Nous proposons de repartir des Puces, de leur culture de la seconde main, de la débrouille, du ré-emploi pour positionner « 21 » au cœur de l’Arc de l’Innovation et créer une Manufacture des Transitions où s’invente le travail de demain. Aujourd’hui 47% de la population de Montreuil est sans diplôme. « 21 » projette de faire des enjeux d’écologie et de développement durable un « Pôle Ré-emploi » pour créer les emplois de demain. Ouverte sur les quartiers populaires alentour, cette Manufacture devient un vrai hub économique de l’Est parisien, attractif à l’échelle de la Métropole.

Le partage 
La « mise en mouvement » des quartiers. La deuxième étape consiste à impliquer les quartiers limitrophes. Ce site transfrontalier est à l’image du territoire qui l’entoure, à la croisée des chemins et des identités, il pose la question de la porosité et de la mixité des publics et des fonctions. Pour réussir la « greffe » de ce nouveau quartier, nous avons le devoir d’impliquer en amont les riverains. Pour cela, sortons d’une approche classique de l’urbanité. L’enjeu est de « mettre en mouvement » le quartier en s’appuyant sur l’idée de la « foranité ». Un projet de cette envergure s’inscrit dans le temps long. Par nature transitoire, la foranité apporte du rythme dès la phase chantier. Par la suite, elle donne du tempo à nos espaces urbains qui tendent à s’homogénéiser, à se lisser. Le forain crée de la surprise, bouscule nos habitudes, nous sort de nos routines… « 21 » accueille nombre d’événements temporaires : ayant lieu chaque samedi, dimanche et lundi, le marché aux Puces laisse place les soirs et autres jours de la semaine à d’autres activités, afin de sensibiliser les citoyens aux nouvelles pratiques de consommation, de déplacement, de sport, de culture, mais aussi, de vivre-ensemble.
Les activités varient et se succèdent pour animer les espaces et profiter aux habitants de Montreuil et de Paris XXe, ainsi qu’aux travailleurs et usagers de « 21 » : marché alimentaire bio ou à circuit court, cafés et restaurants éphémères, boutiques pop up, terrains de sports sur asphalte permettant des pratiques libres ou organisées (foot en salle, handball, basketball, escalade, skateboard), l’usage de nouveaux véhicules électriques, cinéma en plein air, ou encore des spectacles vivants. Leur gestion partagée par de grands et petits acteurs locaux renforce les liens tissés entre Paris, Montreuil et le périphérique.
Le rayonnement 
La Cité Internationale du Climat. L’ultime étape, à l’image du climax, consacrera la Cité Internationale du Climat comme l’aboutissement du processus entamé par le concours lui-même, qui a fixé le niveau de l’ambition du projet. Le processus de construction de la Cité s’appuie sur les réseaux institutionnels, financiers et philanthropiques de nos soutiens comme la European Climate Foundation, Finance for Tomorrow, ou PlaceToB. Il permet d’amorcer les premiers chantiers de recherche-action, qui se déploient dès la phase de préfiguration du site, en lien avec le C40 et les initiatives menées par les autres équipes lauréates du concours Reinventing Cities : architecture de ré-emploi, mobilité décarbonée, économie circulaire…